Autour et dans le O2, il régnait la même atmosphère que la veille dans les pubs qui avaient organisé des événements Zeppelin, comme au Pilot Inn, où se retrouvaient le biographe de Led Zeppelin, David Lewis, le groupe de reprises Led Zep Again et des fans de la Californie, de la Suède, de l'Écosse et même José, venu du Salvador. Partout, c'était les Nations unies, les fans provenant d'un peu partout sur la planète.
Avant, personne ne s'impatientait dans la queue pour obtenir son billet (trois heures), un t-shirt (une heure) ou aller aux toilettes (30 minutes). Pendant, c'était encore mieux. La ligne furieuse de Black Dog a vraiment lancé le party et a dissipé tous les doutes auprès des fans qui répondaient aux "ahh-ahh" comme si c'était la première fois. Pour bon nombre de gens, c'était effectivement la première fois.
Plant avait la voix, Page, le doigté, Jones, la constance, et fiston Jason frappait comme une machine. Vous allez en voir des bouts dans YouTube ce matin, constatant que le micro de Plant était souvent dissonant et a torpillé toutes les bandes pirates. Les gars vont vraiment devoir faire une tournée...
Les fans ont été transportés par les classiques. L'immense Stairway to Heaven a eu droit à une première version avec des cellulaires à la place des briquets, un fan ivre a failli tomber dans les marches durant Dazed and Confused, on a senti de la dope durant Since I've Been Loving You malgré l'interdiction de fumer dans la section 110 (torride), alors que No Quarter et Kashmir ont déchaîné les passions.
Jamais vu autant d'hommes d'âge mûr être au bord des larmes et de l'hystérie, mais jamais vu autant de jeunes (20, 25 ans) hurler comme si le band devant eux en était un de leur génération. Quand Whole Lotta Love et Rock and Roll ont torché l'aréna, on a assisté à l'un des plus grands moments d'unanimité générationnelle de l'histoire de la musique.
Lors du salut final, quand les lettres géantes LED-ZEPPELIN sont apparues sur l'écran face au parterre le plus tassé que je n'ai jamais vu de ma vie de critique musical, Jason Bonham s'est avancé et s'est mis à genoux devant ses trois copains - qui affichaient un plaisir fou à jouer ensemble -, qui l'ont sommé de se relever et de se joindre à eux. Image fabuleuse d'un show résumé par un fan après coup: "Je pensais être mort et rendu au paradis. "